52 % des Canadiens de 65 à 69 ans touchent une pension tout en continuant à travailler. La retraite n’est pas toujours synonyme d’arrêt complet, c’est un choix, une transition, parfois un calcul. Au Canada, percevoir une pension tout en maintenant une activité à temps plein reste possible, sous certaines conditions. Les revenus d’emploi et les prestations de retraite peuvent s’additionner sans réduire automatiquement le montant reçu chaque mois. Cependant, cette combinaison modifie la donne côté impôts et peut limiter l’accès à certains compléments.
Les règles ne sont pas figées : elles changent d’une province à l’autre et selon la source de la pension, qu’il s’agisse du Régime de pensions du Canada (RPC), de la Sécurité de la vieillesse (SV) ou d’un régime privé. Au-delà d’un certain seuil de revenus, certaines prestations peuvent être suspendues ou récupérées. La vigilance s’impose pour éviter de mauvaises surprises sur la feuille d’impôt ou lors du versement de suppléments.
Panorama de la retraite au Canada : ce qu’il faut savoir quand on est expatrié français
Changer de pays bouleverse tout, surtout lorsqu’il s’agit de préparer sa retraite. Au Canada, le système est construit sur plusieurs piliers, bien différents du modèle unique français. On trouve le Régime de pensions du Canada (RPC) pour la majorité des provinces, le Régime de rentes du Québec (RRQ) pour les résidents du Québec, et la Sécurité de la vieillesse (SV) qui dépend du temps passé dans le pays. Chaque régime impose ses propres conditions : âge minimal pour demander la retraite, calcul des gains ouvrant droit et nombre d’années de cotisation prises en compte.
Le montant de la pension repose sur deux paramètres : les gains annuels ouvrant droit et la durée de cotisation. Plus la carrière s’allonge, plus le droit à pension progresse, jusqu’à atteindre un maximum fixé chaque année. Au Québec, par exemple, le plafond des gains annuels ouvrant droit s’établit à 61 600 CAD en 2024, et les taux de cotisation évoluent régulièrement.
Pour les expatriés français, la convention franco-canadienne de sécurité sociale fait le pont entre les deux pays. Grâce à cette entente, les périodes d’assurance cotisées en France et au Canada se cumulent pour ouvrir droit à une pension de retraite de part et d’autre. Les démarches se pilotent via Service Canada ou la Caisse des Français de l’Étranger, garantissant la continuité des droits et évitant les interruptions de versement.
Le cumul emploi et pension s’avère tout à fait possible : percevoir un salaire n’entraîne pas systématiquement de baisse des prestations retraite. Seul le revenu garanti (Supplément de revenu garanti) peut diminuer si les revenus dépassent certains barèmes. La fiscalité, enfin, a un impact direct sur le montant effectivement reçu chaque mois, un point à ne pas négliger dans ses prévisions.
Peut-on travailler à temps plein tout en touchant sa pension ?
Au Canada, combiner un emploi à temps plein et le versement de sa pension de retraite ne pose aucun obstacle. Tant le Régime de pensions du Canada (RPC) que le Régime de rentes du Québec (RRQ) permettent de poursuivre une activité professionnelle, sans limite de temps de travail, dès lors que l’âge d’ouverture des droits est atteint. La pension RPC ou RRQ continue d’être versée dans son intégralité, même si l’on choisit de rester actif à 100 %.
Le Supplément de revenu garanti (SRG), rattaché à la Sécurité de la vieillesse, constitue la seule exception. Cette aide cible les retraités aux ressources modestes : si les gains issus d’un emploi à temps plein atteignent un certain niveau, le SRG décroît progressivement, puis disparaît une fois le plafond de revenu dépassé. En revanche, la pension retraite RPC ou RRQ reste intacte, peu importe la situation professionnelle.
Continuer à travailler offre même un avantage : les cotisations versées après 65 ans permettent d’augmenter le montant de la pension retraite RPC grâce à la Prestation après-retraite. Au Québec comme ailleurs au Canada, la retraite ne signifie donc pas nécessairement l’arrêt de l’activité. Les règles encouragent à moduler son rythme, à opter pour une retraite progressive ou un départ progressif du marché du travail, en fonction de ses besoins et de ses projets.
Les démarches pour faire reconnaître ses années de travail entre la France et le Canada
Beaucoup d’expatriés se demandent comment faire valider leurs années de travail acquises de chaque côté de l’Atlantique. L’accord de sécurité sociale entre la France et le Canada vient simplifier la question. Il permet de totaliser les périodes cotisées dans les deux pays, pour que chaque trimestre serve à ouvrir des droits à la pension dans l’un ou l’autre régime.
Tout commence par la constitution d’un dossier auprès de Service Canada ou de la caisse d’assurance retraite française. Les formulaires circulent de façon dématérialisée entre les administrations, évitant ainsi les démarches fastidieuses. Les périodes d’activité reconnues s’additionnent : un trimestre validé en France comptera pour le Canada, et vice versa. Cette règle s’applique aussi bien au régime de pensions du Canada (RPC) qu’au régime de rentes du Québec (RRQ).
Le versement des prestations dépendra du respect des conditions propres à chaque régime : âge, durée de cotisation, gains ouvrant droit pension. Les délais de traitement peuvent s’allonger ; il vaut mieux anticiper la demande, idéalement dès 55 ans, pour garantir la continuité entre la fin de l’activité et le début de la pension.
Voici les étapes incontournables à suivre :
- Contactez Service Canada pour le RPC ou le RRQ, ou la caisse française compétente pour la retraite de base et complémentaire.
- Transmettez toutes les pièces justificatives : relevés de carrière, attestations de cotisation, documents de travail.
- Assurez-vous que les périodes déclarées correspondent parfaitement, toute divergence peut ralentir l’ouverture des droits.
Les échanges entre les deux pays sont largement automatisés, mais un contrôle attentif reste prudent pour ne pas perdre de droits à cause d’un gain annuel ouvrant droit ou d’une période mal comptabilisée.
Conseils pratiques pour bien préparer sa retraite outre-Atlantique
Ne laissez rien au hasard. Le système canadien multiplie les régimes et les subtilités, et les expatriés français doivent naviguer entre le régime de pensions du Canada (RPC), le régime de rentes du Québec (RRQ) et la pension de la sécurité de la vieillesse. Pour tirer le meilleur parti de vos prestations retraite, commencez par établir un état détaillé de vos années cotisées, que ce soit au Canada ou en France.
Vérifiez chaque année votre relevé de carrière auprès de Service Canada, et pour le Québec, auprès de Retraite Québec. La moindre erreur ou l’oubli d’une période d’activité peut retarder ou diminuer le montant de la pension. Conservez précieusement l’ensemble de vos bulletins de salaire, attestations de cotisation et contrats : ils peuvent s’avérer déterminants pour faire valoir vos droits.
Le statut de conjoint survivant varie selon la province et le régime. Renseignez-vous sur les critères pour bénéficier d’une pension de réversion. À noter également : le supplément de revenu garanti (SRG) complète la pension de base pour les personnes à faibles ressources. Les nouveaux venus au Canada doivent attendre dix ans de résidence avant de prétendre à la sécurité vieillesse pension.
Quelques recommandations concrètes pour une transition sereine :
- Prenez contact régulièrement avec Service Canada et la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) pour un suivi précis de vos droits.
- Sollicitez l’avis d’un spécialiste des régimes retraite franco-canadiens pour choisir entre cotisations volontaires et transferts de droits.
- Ajustez votre stratégie à votre pays de résidence fiscale au moment du départ en retraite : la fiscalité influe sur la pension retraite perçue à l’étranger.
Le cumul emploi-retraite reste accessible au Canada, mais il peut modifier certaines aides complémentaires. Restez attentif aux plafonds de revenus si vous souhaitez profiter pleinement du revenu garanti SRG. Ceux qui réussissent à jongler avec les règles découvrent un nouvel équilibre : travailler, percevoir une pension, et continuer à écrire leur histoire, à leur rythme.


