Les prix de la ferraille en 2026 ne se lisent pas comme une étiquette en supermarché. Ils bougent chaque semaine, varient selon le métal, et dépendent de facteurs que peu de vendeurs connaissent vraiment. Pourtant, comprendre ces barèmes, c’est souvent la différence entre un rachat correct et un rachat sous-évalué.
Comment fonctionne un barème de rachat de ferraille
Imaginez que vous apportez de vieux tuyaux en cuivre chez un ferrailleur. Le prix qu’on vous propose ne sort pas d’un catalogue fixe. Il reflète ce que le ferrailleur peut espérer tirer de ce métal sur le marché en gros, moins sa marge et ses frais logistiques.
Les tarifs de reprise s’appuient sur des cours de référence internationaux, notamment ceux cotés à la bourse des métaux de Londres, le LME. Ces cours fluctuent quotidiennement. Un barème affiché un lundi peut déjà être dépassé le jeudi suivant.
Ce point est fondamental : le barème affiché est toujours une fourchette, jamais un prix garanti. La qualité du métal, son état, sa teneur réelle et la quantité apportée font varier le tarif final.
Cuivre et métaux non ferreux : les tarifs de référence en 2026
Le cuivre reste le métal non ferreux le plus suivi. Les tarifs publiés par des ferrailleurs français au début de l’année 2026 donnent quelques repères concrets.
Selon des annonces relayées par des professionnels du secteur en janvier 2026, le cuivre mêle (métal mélangé de qualités diverses) se négociait autour de 8 500 euros la tonne, soit environ 8,50 euros le kilogramme. Le millberry, qui désigne du cuivre de très haute pureté, atteignait 9 000 euros la tonne, soit 9 euros le kilogramme. Le câble électrique en cuivre, qui contient moins de métal pur, se rachetait autour de 3 200 euros la tonne.
Ces chiffres viennent de tarifs publiés par des acteurs du recyclage en France. Ils ne constituent pas un barème national uniforme : chaque entreprise fixe ses prix selon ses débouchés, ses stocks et sa zone géographique.

Vous avez déjà remarqué que deux ferrailleurs dans la même ville peuvent proposer des prix différents pour le même métal ? C’est précisément parce que leurs coûts de transport, leurs contrats avec les fonderies et leurs stocks du moment ne sont pas identiques.
Ferraille ferreuse : pourquoi les prix sont plus difficiles à lire
La ferraille ferreuse (acier, fonte, fer) fonctionne différemment du cuivre. Elle est beaucoup plus volumineuse, moins précieuse au kilogramme, et ses prix de reprise dépendent fortement des commandes des aciéries européennes.
Les prix de reprise ne suivent pas mécaniquement ceux de l’acier vendu. Entre le cours de l’acier en sortie d’usine et le tarif payé à un particulier qui apporte de la ferraille, il y a plusieurs échelons : le fondeur, le négociant, le collecteur local. Chaque intermédiaire absorbe une partie de la valeur.
Un facteur supplémentaire brouille la lecture en 2026 : les règles européennes sur les exportations de déchets métalliques pourraient modifier les débouchés habituels de la ferraille ferreuse. Si les marchés d’exportation se restreignent, davantage de ferraille resterait en Europe, ce qui pourrait créer des excédents régionaux et peser sur les prix proposés aux vendeurs.
Ce scénario n’est pas acquis. Des sidérurgistes européens défendent au contraire le maintien de la ferraille dans l’UE pour sécuriser leur approvisionnement, ce qui soutiendrait la demande locale. L’effet réel sur les barèmes dépendra de l’application concrète de ces règles.
Les quatre facteurs qui font bouger les prix ferraille au quotidien
Comprendre un barème, c’est comprendre ce qui le fait monter ou descendre. Voici les leviers principaux :
- Les cours LME : la bourse des métaux de Londres publie chaque jour des prix de référence pour le cuivre, l’aluminium, le zinc et d’autres métaux. Ces cours influencent directement les tarifs de reprise des non-ferreux.
- Les commandes industrielles : quand les aciéries tournent à plein régime, elles achètent plus de ferraille et les prix montent. En période de ralentissement, les commandes chutent et les tarifs suivent.
- La logistique et la distance : un ferrailleur éloigné des grandes fonderies répercute ses coûts de transport sur le prix proposé. Un même lot de ferraille peut valoir davantage chez un collecteur bien positionné géographiquement.
- La qualité et le tri : un métal bien trié, sans mélange ni souillure, se négocie toujours mieux. Apporter du cuivre propre plutôt que du câble gainé, c’est souvent gagner plusieurs dizaines de centimes par kilogramme.
Comment comparer les offres de rachat en 2026
Beaucoup de personnes acceptent le premier prix proposé sans chercher à comparer. C’est compréhensible, mais souvent coûteux.
Quelques réflexes simples permettent d’améliorer le résultat. Identifier précisément le type de métal que vous apportez est la première étape. Cuivre mêle, millberry, aluminium, inox, acier : chaque catégorie a son propre barème. Confondre les familles, c’est risquer de se faire classer dans une catégorie moins valorisée.
Consulter plusieurs ferrailleurs ou centres de recyclage dans votre zone est aussi utile. Les prix varient d’une enseigne à l’autre, et certains publient leurs tarifs en ligne, même si ces affichages ne sont jamais garantis jusqu’à la pesée.
La date et la quantité jouent également un rôle. Regrouper plusieurs petits lots avant d’apporter votre ferraille permet souvent d’accéder à un tarif de gros plus favorable qu’un apport au détail.
Barèmes 2026 : ce que les tendances de marché laissent entrevoir
Les perspectives pour le cuivre en 2026 restent orientées à la hausse selon plusieurs analystes du secteur, portées par une demande soutenue dans les énergies renouvelables et l’électrification des transports. Cette dynamique soutient les prix de reprise des déchets cuivreux.
Pour la ferraille ferreuse, le tableau est plus nuancé. La rentrée 2026 s’est faite avec des cours relativement élevés par rapport aux années précédentes, selon les publications spécialisées du secteur. Mais la prudence reste de mise : les stocks, les arbitrages sur les exportations et les décisions industrielles peuvent inverser une tendance en quelques semaines.
Ce que vous pouvez retenir : un prix ferraille élevé à un instant T ne garantit pas le même niveau une semaine plus tard. Si vous avez un lot important à vendre, agir rapidement quand les cours sont favorables reste la stratégie la plus sûre, plutôt qu’attendre une hypothétique hausse supplémentaire.

